[Conversation] Dialna a trois ans, le bilan

Dialna - Bilan

Après trois ans de publications hebdomadaires sur Dialna, on s’est dit qu’une conversation en forme de bilan entre les deux rédactrices était un bon moyen de commencer notre quatrième saison. Pour l’occasion, entre deux réunions au sommet, Nora et Nadia se sont réunies pour faire le point sur leur aventure Dialnesque ! Mais avant de lire leur réponses, on vous propose la vidéo d’anniversaire de nos invité.e.s.

Tout projet commence par une idée, nous avons concrétisé cette idée avec mon amie Nadia Bouchenni, il y a 3 ans de cela, on ne pensait pas à ce moment là vivre de véritables aventures humaines avec ce magazine ! Dialna est devenu un personnage à part entière dans notre quotidien, à nous intéresser à l’actualité, découvrir des talents, écouter de nouveaux sons, épauler de nouveaux collectifs, rencontrer des personnalités hors du commun. Ce magazine nous pousse hors de notre zone de confort et nous fait vivre des expériences magnifiques. Il n’aurait pas la communauté qu’il a, sans le travail acharné de Nadia, elle le fait vivre sur les réseaux sociaux, s’occupe de la mise en page et corrections des articles, peaufine l’aspect informatique. Bref Dialna sans Nadia n’aurait pas cette force et cette aura c’est indéniable, lui dire merci c’est encore bien faible à coté du travail fourni. Trois ans pendant lesquels vous nous avez liké, partagé, commenté, écrit et nous ne comptons pas le nombre de fois ou vous nous avez remercié de vous avoir fait découvrir des personnes incroyables… Mais c’est vous toustes qui êtes incroyables et on reçoit ces bonnes vibrations chaque semaine depuis trois ans. Alors de la part d’une humble artisane de l’image, je voulais vous remercier du fond du coeur tout simplement… Nora
Quel est ton bilan de ces trois ans d’existence de Dialna ?
Nora : Personnellement je suis bluffée par la capacité de travail, le sens de l’organisation et du contact de Nadia. C’est merveilleux de la voire passionnée pour ce projet, elle m’a ouvert les yeux sur tellement de choses, qu’au final je ne suis pas étonnée que cela tienne 3 ans
Nadia : Déjà, très honnêtement, je ne pensais pas du tout durer plus de trois à six mois. Je n’imaginais pas qu’on aurait autant de choses à dire (rires) ! Je suis fière de nous, du travail qu’on a fait. Mais maintenant, il faudrait vraiment réfléchir à comment faire en sorte de continuer, tout en ayant une activité professionnelle à côté.
Qu’est ce magazine t’as appris ?
Nora : Que je pouvais refaire un magazine, tout en travaillant en harmonie. Que je pouvais écrire des textes, même si mon style est très « parlé ». J’ai pu m’exprimer autrement qu’à travers l’image.
Nadia : Que j’en étais capable ! Et surtout que notre besoin de voire des gens nous ressemblant ou qu’on ne voit pas ailleurs était partagé.
Penses tu que ton style d’écriture et / ou ta manière de photographier a changé ?
Nora : Concernant l’écriture, c’est Nadia qui m’a encouragé, car je pensais maîtriser seulement l’écriture photographique. Mais elle m’a dit : « t’as des choses intéressantes à partager avec le monde, ne te freine pas. » Quant à la photo, il va falloir que je prenne le réflexe de faire des images au format paysage (rires) !
Nadia : Oui, définitivement. Pour ce qui est de l’écriture, j’ai appris à écrire de plus longs textes, à prendre le temps de réfléchir en amont à ce que je vais dire et comment je vais le construire. Pour ce qui est des photos, même si ce n’est pas ma spécialité, j’y ai aussi pris goût. Ça ne sera bien entendu jamais du niveau de Nora, mais là aussi je réfléchis plus à comment je construis mon portrait avant de le faire, et surtout je prends confiance en moi, grâce aux encouragements de Nora.
Quel est ton plus beau souvenir d’interview ?
Nora : Oh la la, il y en a tellement, mais vraiment l’interview de Ryad Boulanouar reste une expérience d’interview, et de portrait incroyable. Et j’ai adoré explorer le monde de l’artiste Btihal Relmi une artiste visuelle que l’on va bientôt découvrir sur Dialna.
Nadia : J’ai toujours du mal à répondre à ce genre de questions. J’ai eu la chance d’interviewer des personnalités pleines de talent et passionnantes. Certaines sont même devenues des ami.e.s, comme Ouafa Mameche, Anissa Kaki, Nawel Ben Kraïem, par exemple. Je les cite parce que les interview se sont transformées en longues discussions, et ça rend toute cette démarche encore plus enrichissante !
Quelle est ton anecdote d’interview la plus marquante ?
Nora : Oh mon Dieu, quand j’ai demandé à Nabil Djedouani de se mettre à genoux pour être raccord avec la mosaïque en arrière plan. Il a éclaté de rire au moment où j’ai pris la photo. Meskine, la pluie, les genoux pliés en essayant de se tenir en équilibre, c’était trop pour lui ! Mais, c’est une personne élégante, il a donc gentiment collaboré.
Nadia : Déjà j’ai le trac, systématiquement. Une heure avant chaque interview, j’ai la boule au ventre. Une fois, j’avais rendez-vous pour une interview avec Ariles de Tizi, en matinée à St Denis, et je devais aller à Bruxelles dans la foulée. La veille au soir, je réalise que j’ai perdu ma carte SD pour mon appareil photo. C’était la panique ! Mais j’ai pu trouver un endroit où en racheter une, juste avant, et tout s’est super bien passé. Et en plus il m’a filé des conseils photo ! De manière générale, j’ai l’impression que les gens que j’interviewe se sentent vraiment en confiance parce qu’ils se lâchent parfois et oublient qu’ils ont balancé à mort (rires) ! Mais je ne citerai personne !
As tu l’impression que nous avons créé une communauté autour de ce magazine ?
Nora : Oui, définitivement ! C’est une petite communauté, mais elle est là ! Cette communauté, c’est de l’intelligence collective pure. C’est la future génération qui ose, c’est la résistance par les réseaux sociaux.
Nadia : J’ai l’impression, oui. Au début, c’était surtout des gens que l’on connaissait qui nous en parlaient. Aujourd’hui, même si notre audience reste encore confidentielle, j’ai l’impression que de plus en plus de gens sont touchés par ce projet.
Qui rêves tu d’interviewer pour Dialna ?
Nora : Serena Williams !!! Je rêve de la photographier, l’interviewer et de manger des pâtes avec elle ! J’adorerais aussi interviewer le directeur du musée des civilisations noires de Dakar. Sa conférence à Casablanca m’avait émue aux larmes, tellement cet homme est un grand esprit.
Nadia : C’est pas très féministe, mais je dirais Zinedine Zidane ! Mais surtout pour le faire parler, lui qui est si taiseux, le faire parler de sujets moins lisses que ce dont a l’habitude avec lui. J’aimerais qu’il nous parle de racisme, de représentation, lui faire dire qu’il soutient Lilian Thuram sur ses propos, histoire de clôre le sujet, une bonne fois pour toutes (rires) ! Ou qu’il me confirme que son coup de boule sur Materazzi, c’était surtout pour empêcher Domenech de gagner une coupe du monde ! Mais sinon, côté artiste, je vais rester raisonnable et je citerai Hindi Zahra. Je veux qu’elle nous parle de son identité Amazigh, de musique. Si vous avez un contact pour l’un ou pour l’autre, PENSEZ À NOUS !
Qu’est ce qui, selon toi, démarque notre magazine des autres sur le net ?
Nora : Qu’il parle de culture fait par des personnes qui ont été exclues par les dirigeant.es de ce secteur. On rend hommage à des talents toutes les semaines, à des personnes que la presse classique ne regarde pas.
Nadia : Honnêtement, je ne sais pas du tout. Peut-être que le fait qu’on ne se limite pas à une communauté, ou juste aux femmes, même si les femmes restent prioritaires dans nos publications. Et puis, c’est peut-être aussi parce qu’on est deux meufs géniales 🙂
Penses-tu qu’il y aura un format papier du magazine ?
Nora : Perso, je ne serais pas contre faire un beau numéro spécial, avec du beau papier, en édition limitée. Mais ça demande du temps, de l’argent et une sacrée équipe autour d’un tel projet.
Nadia : J’adorerais ! Mais ça demande du temps, et plus de personnes que nous deux ..
Quel est ton son du lundi, portrait, oeuvre, coup de gueule que tu as aimé découvrir ?
Nora : From far, le son du lundi que j’ai adoré, c’est Juice de Lizzo. C’est grâce à Dialna que j’ai pu découvrir cette artiste hors du commun. Le coup de gueule sur Benjamin Castaldi reste anthologique pour moi ! Et la plus belle découverte, c’est Ouafa Mameche. Cette femme, c’est une warrior, belle, généreuse, visionnaire, travailleuse. Bref, je vais faire un autel avec des bougies autour de cette personne (rires) !
Nadia : J’adore découvrir les photographes dont Nora parle ! Celle dont le travail m’a le plus marquée, c’est la libanaise Rania Matar, qui étudie les relations mère/fille. Tous les billets d’humeur qui parlent d’amour de soi, d’énergie à préserver, etc.. sont autant de bons conseils que j’essaye d’appliquer. En musique, j’ai adoré découvrir les sons de Burna Boy ou redécouvrir la grande Hajja Hamdaouia, que Nora avait choisis, ou encore Lizzo, découverte grâce à la newsletter Women who do stuff (que je vous conseille), ou Lolo Zouaï, proposée par la journaliste Faïza Zerouala.
À qui aimerais-tu donner carte blanche dans le magazine le temps d’une semaine ?
Nora : Wow, attention, on prête les clés de notre maison là ! Je dirais Ouafa Mameche, Nabil Djedouani, Sarah Ezzidi, Marini, Mu Jing, Ruth Grâce Paluku-Atoka, Mariem Sarsari, Mamadou Drame… Des esprits brillants et généreux.
Nadia : Je laisserais une carte blanche à toutes les meufs en or qui nous entourent, et qui nous suggèrent souvent des sons, des idées, etc ! Ma soeur Laïla, la fine équipe de formation Valérie (de la petite note vocale), et Christelle, mes militantes sûres du « gang de menkiller », et aussi à quelques alliées efficaces comme Claire d’Une tête bien femme, ou encore Marie de Go girlz.
Un vœux pour notre magazine ?
Nora : J’espère que ce magazine mettra encore en lumière des talents venant de tout horizons, surtout des nouvelles plumes, et que l’on aura apporté notre pierre à l’édifice, auprès des personnes racisées, que cette communauté et que les femmes se sentent transportées en nous lisant !
Nadia : Qu’il dure encore longtemps. Qu’il se décline en événements, en magazine papier. Que l’équipe grandisse !
Dialna - Bilan
Dialna -Nadia & Nora

 

2 Replies to “[Conversation] Dialna a trois ans, le bilan”

  1. Bravo les filles et longue vie à Dialna !

    1. Merci Fatine, et bienvenue dans la famille Dialna !

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