[Musique] Mohamed Rouicha : Inas Inas

Dialna - Mohamed Rouicha

La légende marocaine Mohamed Rouicha est à l’honneur cette semaine sur Dialna pour notre son du lundi. De son vrai nom Mohamed Houari, Mohamed Rouicha, est né le 1er janvier 1950 à M’Rirt, et est mort le 17 janvier 2012 à Khénifra.

Chanteur Amazigh  il est aussi un spécialiste du loutar, un instrument de musique marocain apparenté au ‘oud, mais aux sonorités plus rugueuses. Sur cet instrument, qui a normalement trois cordes, Mohamed Rouicha en rajoute une quatrième pour un son unique. Et quand il tapait sur cet instrument à corde comme sur une percussion, Mohamed Rouicha faisait vibrer nos cœurs. C’était le cas sur le grand classique du Maroc, mais aussi d’Afrique du Nord : Inas Inas.

«J’ai tenu à sauver le loutar, à le réhabiliter et à en faire un instrument marocain à part entière. Dans l’imaginaire commun, il est synonyme de quelque chose d’insignifiant, puisque les misérables s’en servent pour mendier. Or, c’est un instrument patrimonial», expliquait Mohamed Rouicha.

Dialna vous présente donc ce poète amazigh, né au cœur de l’Atlas. Il a chanté la tristesse comme personne, a porté haut et fort sa langue de Khénifra, et a transformé son mal-être en pure poésie. Cet homme, qui a été orphelin à 4 ans et artiste à 14 ans, sait combien il est dur de survivre dans un monde sans amour.

Avant de jouer du loutar, ce solitaire inconsolable soufflait le nom et prénom de ses parents : “Mimiss n’Moulay Lahcen, mimiss n’Lala Aïcha, iliss n’Moulay Harafi, oult tdoght”. Littérallement traduit : “Fils de Moulay Lahcen fils, de Lala Aïcha, fille de Moulay Harafi, originaire de Toudgha”.

Il se devait de présenter au monde entier ses racines. Il a chanté dans tous les festivals du Maroc et d’Afrique du Nord, et sur des scènes européennes. Des artistes du Moyen Orient ont reprit cette chanson Inas Inas, à plusieurs reprises, mais personne ne peut interpréter ce morceau comme Mohamed Rouicha.

Il était Hrach (rugueux), sa voix sentait le cèdre, ses mélodies étaient imprégnées de douleurs et d’espoirs. Tous ces ingrédients faisaient de Mohamed Rouicha un interprète unique. Ses chœurs étaient toujours féminins, car les voix des femmes de cette région se marient parfaitement avec son instrument. Tout faisait corps.

Le morceau Inas Inas est un témoignage. On pourrait le traduire par “Raconte-lui, raconte-lui”. Rouicha y exprime son incompréhension face à la vie qui s’acharne sur lui, alors qu’il ne veut qu’une chose, aimer.  

Prenez un verre de thé, posez vous et écouter chaque vibration de ce morceau mythique d’Afrique du Nord. Qu’il repose en paix.

«Le rythme est universel et la musique est langage de tous les humains»
Mohamed Rouicha

AZUL.

 

 

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