[Cinéma] Divines, divinement divin…

« Au pays de l’argent facile combien sont mort en chemin, fuck les A.P.L, les transports en communs » Salade Tomate Oignon par Booba.

Cette punch line de Booba correspond parfaitement à cette oeuvre… Attention « Divines » n’est pas un film, mais un « Opéra » divinement douloureux ! Voici une critique à chaud de cette œuvre qui marquera l’histoire du cinéma français. Pour moi le noyau de ce film, ce n’est pas le féminisme, ni l’économie mais bel et bien la frontière ! On passe d’une zone à l’autre tout le long de l’histoire !

le sacré / le profane

l’amour / la haine

le rêve / le cauchemar

les rires / les larmes

la honte / la fierté

la misère / l’argent

la vie / la mort …

Le personnage de Rebecca joué par Jisca Kalvanda résume très bien cette frontière dans le film quand elle dit « Tu frappes et puis tu caresses » .

Pitch de ce petit bijou cinématographique : C’est l’histoire de Dounia une jeune fille qui vit dans un camps de roms avec sa mère célibataire. Son prénom veut dire le « monde » en arabe et en effet, elle en veut à la terre entière de ne pas être reconnue par son père et de vivre dans un bidon ville, mais elle veut aussi l’acheter ce monde ! Et pour ça, pas de petit sacrifice, elle est prête à tout. Avec sa meilleure amie Maïmouna, elles préparent un BEP hôtesse d’accueil et sont très lucides sur leurs sorts !

Ce n’est pas le lycée professionnel qui va leur donner un ticket vers la grande vie dont elles rêvent !  Mais comment peut-on avoir de grandes ambitions quand on a des petits moyens ? Arrive le personnage de Rebecca, la lionne du quartier qui va offrir ces fameux moyens à ces jeunes filles, mais à quel prix ?

L’amour fait partie des ingrédients entre le personnage de Dounia et Djigui mais ne croyez pas deux secondes à une bluette entre ces deux là, ce coup de foudre est une véritable confrontation rugueuse ! A partir du moment où l’on sort de sa zone de confort, on vit sa vie. Ces deux personnages en suspens au dessus du commun des mortels (faut voir le film pour comprendre) vivent un moment unique de sensualité, mais comment aimer quand on ne vous a pas éduqués aux sentiments ?

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Et puis comme tout opéra il y a la phase du drame quand on s’approche du but…

Pour la mise en scène : Je m’attendais une réalisation à la Spike Lee dans « Do the right thing » nerveuse, comme dans un ring de boxe. Finalement non ! c’est une mise en scène plutôt posée, on n’a pas trop de mouvements (mention spéciale au machino et au cadre qui ont exécuté la scène du rêve dans la Ferrari imaginaire). Il y a des touches de couleurs dans ce béton et ce ciel gris et ce sont les héroïnes du film qui l’apportent  par leurs vêtements. Huda Benyamina a réussi un film coup de poing, c’est le mot ! Puisque la violence est là en permanence, on sent une culture cinéma chez elle, entre le parrain 3, Rocky 1 et Boyz in the hood vous avez le film Divines.

Quant aux Actrices... Mesdemoiselles vous portez le film ! Le point commun des 3 personnages, c’est qu’elles ont des responsabilités d’adultes malgré leurs jeunes âges. Le rôle de Rebecca la dealeuse est plus que casse gueule ! Mais on y croit, elle a vraiment pactisé avec le diable pour ce rôle.

Déborah Lukumuena, qui incarne le personnage de Maimouna, c’est la loyauté pure, elle est un  Al pacino au féminin, tout son visage est expressif, elle pourrait donner des cours de comédies à Isabelle Huppert.

 

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Et enfin la superbe Oulaya, incroyable !!! Tout est beau chez elle même son prénom…Elle incarne la faim, elle s’accroche à la vie avec ses mains, ses pieds et ses dents ! Dans le film c’est une véritable yamakazi. Elle ne lâche rien, obsédée par l’argent, son personnage est sous pression même ses cheveux sont vénères !

Si je devais tirer une conclusion de ce film, on ne solutionne pas les problèmes avec des transgressions qu’elles soient morales ou religieuses, au contraire on s’y enfonce encore plus !

On nous éduque aussi à être pauvre, on pense petit, on regarde les riches comme des supers héros, on développe des complexes et du coup on a créé une génération de GRANDS frustrés !!! Cette jeunesse qui n’a pas encore le cortex formé, va encore faire bien des conneries, parce que c’est en faisant des bêtises que l’on devient sage… Et puis un jour, elle va nous regarder avec mépris et n’acceptera pas ce qu’on lui propose. C’est à dire que les 2% de la population mondiale détiennent 98 % des richesses…Du jamais vu dans l’histoire de l’humanité .

Elle va nous dire de nous carrer cette frontière de l’inégalité où je pense ! Parce qu’elle veut plus !

Elle veut toucher les étoiles, toucher le divin…

 

Divines de Houda  Benyamina

En salle

 

 

 

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