[Musique] Salif Keïta : N’bifé

Dialna - Salif Keïta

Il est important de rendre hommage à des artistes légendaires telles que Salif Keïta. Il fait partie de ces grands qui vous touchent droit dans le cœur avec sa voix si particulière.

Quand on écoute le morceau N’bifé, on ne peut pas l’écouter qu’une seule fois. Cette chanson devient une véritable obsession, et on doit l’écouter non-stop pour essayer de comprendre son essence.
Le mot légende devrait être le deuxième prénom de Salif Keïta, car il a eu plus d’une vie. Il fait partie de ces personnes qui ont forcé le destin pour atteindre leurs objectifs.

Salif Keïta, naît le 25 août 1949 à Djoliba au Mali. Il est né albinos, dans une région et à une époque où l’albinisme est mal vu en raison des pouvoirs maléfiques qui lui sont attribués. Il doit éviter plusieurs agressions et insultes au quotidien. Après ses études, il se prépare à devenir instituteur, mais il est recalé à cause de sa mauvaise vue. Il décide alors de devenir chanteur ce qui va créer un scandale dans sa famille. Traditionnellement, la musique est réservée à la caste des griots, et les Keïta sont une famille de princes.

Dialna - Salif Keïta
Salif Keïta
(DR)

Renié par ses proches pour ce choix de vie, il part à Bamako en 1968 tenter sa chance. Et le succès frappe vite à sa porte, car non seulement Salif chante la vie des Maliens avec des arrangements modernes pour l’époque, mais il est surtout parrainé par l’un des plus grands musiciens au monde, Tidiani Koné. Les plus grands groupes maliens veulent collaborer avec lui et le succès des années 80 va lui donner une renommée internationale.

Sponsorisé par un riche malien, il a pu enregistrer deux albums aux États-Unis. Après cela, il connaitra un succès sans faille. Il remplit des stades lors des festivals européens de musique, il est invité sur les plateaux de télé et enflamme les chaînes hertziennes par sa flamboyance.
En juin 1984, il fait un triomphe au Festival des Musiques Métisses d’Angoulême, il joue ensuite avec Mory Kante, Toure Kunda, Papa Wemba, et Manu Dibango, Wayne Shorter, Wally Badarou, Carlos Santana, Grace Jones, Vernon Reid et la liste est encore longue !

Fin juin 1991, sort Amen et là encore, que du grand monde pour concocter cet opus. Pour la direction artistique, il fait appel au jazzman américain, le pianiste Joe Zawinul et son compatriote, le génie Cheikh Tidiane Seck aux claviers. Le titre qui ressort de cet album, est sans aucun doute N’bifé, dont le thème central est l’amour. Mais Salif Keïta est bien plus que cette chanson d’amour ! Il est surtout un grand défenseur de l’Afrique et un anti-colonialiste déterminé ! Il dénonce avec ferveur le néocolonialisme, car il se méfie de la place de la France au Mali.

« Faire attention à nos colonisateurs, tout ce qui arrive au Mali, ce sont les Français, toutes les attaques sont montées et perpétrées par la France… Parce que la France est un pays esclavagiste, ils n’ont jamais jamais libéré les colonies ! Ils les torturent d’une autre manière… » Interview vidéo – Seneweb TV 2020

À notre tour de déclarer notre amour à Salif Keïta pour saluer son parcours d’artiste, sa résistance à toutes forme d’oppression et son regard amoureux sur cet incroyable continent.

« il est temps pour nous africains de croire en l’Afrique  » Interview vidéo – Seneweb TV 2020

 

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