[Musique] Elie Yaffa

Neronemesis

Si une personne a bien exploité ses compétences le temps d’une vie terrestre, c’est bien Élie Yaffa aka Booba …

Je vous entends de là ! Comment une féministe comme toi peut écouter et écrire sur ce mec qui instrumentalise le corps des femmes dans beaucoup de ses clips ? Primo, comme toutes les personnes intéressantes, je ne suis pas un paradoxe près. Secundo je n’aime pas sa façon non plus de présenter les femmes dans ces clip. Et tertio… Je suis une femme libre et je fais ce que je veux !

(Une interview de lui où il dit, je cite : « Je suis violent dans mes textes, mais pas dans la vie.Si une personne de mon équipe maltraite une femme, il dégage.)

Réduire cet homme à des grosses fesses huilés et des bolides customisés c’est minimiser le portrait de cet animal ténébreux qu’est Booba.

Ce métisse franco/sénégalais a grandi en France avec « une lionne » comme il la surnomme ! Puisqu’elle fait office de mère et de père. Pas un album dans sa discographie n’a été produit sans rendre hommage, à un moment ou un autre à cette femme. « Élevé par une lionne, pas eu besoin d’un paternel »  extrait de « Ma couleur », de l’album Lunatic.

Il va se cogner très tôt au racisme et l’exclusion, comme beaucoup d’enfants racisés, il va ressentir cette désagréable impression de n’être nulle part à sa place. « Tout commence dans la cour de récréation, malabar, choco BN, « sale noir ! », ma génération… »  extrait de « Pitbull » de l’album Ouest side.

L’humiliation fait aussi parti du parcours de jeunesse, il raconte lors d’une interview télévisée cette phrase d’un  policier, alors qu’il était en garde à vue : « Ta mère s’est accouplé avec un singe ». Une insulte qui va alimenter sa haine de l’autorité à jamais.

Un passage par la case prison « là où il écrit ses premiers  textes » quelques chutes, blessures et colères plus tard, les choses sérieuses vont commencer à se mettre en place. Si le monde lui a dit non, il ne s’est pas privé pour se dire oui au succès, à l’argent et la reconnaissance.

Il commence sa carrière avec le groupe Lunatic en 1994 et l’album Mauvais œil est publié en septembre 2000. Le succès est à la fois critique et public.

Une carrière solo s’embraye et c’est le début d’un véritable destin. Un talent pour une écriture ultra imagée. Thomas Ravier écrivain du prestigieux « La Nouvelle Revue française » , le compare à Céline, alors qu’il n’a jamais lu un livre de l’auteur en question. Le monde des média le regardent autrement et l’intelligentsia parisienne se vante d’écouter « Boulbi » dans ses salons haussmanniens.

Mais le rappeur ne se contente pas d’un 18/20 donné par un littéraire de renom, il voit grand et gros !

Comme son compte en banque son corps n’arrête pas de s’épaissir, histoire de se défendre contre les nombreuses attaques auxquelles il s’expose. Et comme toutes les destinées, Booba va affronter sa part de drame, qui aurait pu rendre fou n’importe quel être humain ; Entre le kidnapping de sa mère, la mort par défenestration de son meilleur ami et l’agression d’un de ses vendeurs dans une boutique UNKUT, il y a comme une odeur de souffre qui rôde autour de lui, et pourtant rien ne freine ce rappeur/entrepreneur. En plus de produire des disques qui se vendent, il développe une chaîne de télé, une radio, une ligne de vêtements, un parfum et j’en passe.

Quant à la gestion de son image, rien n’est du au hasard non plus. Interview au compte goutte, compte instagram savamment fourni et réalisation de clip par son partenaire « In crime » Chris Macari. Un univers d’images et de lumières maîtrisés au rasoir ! Bon, on oublie les brunettes « Dodues » présentes dans la plupart de ses clips, ses rimes sont aussi visuelles : la couleur bleu métallique qui rappelle le film « Heat », la nuit, la ville, la rue, et la vitesse omniprésente dans ses vidéos.

Un parcours, des textes, des images et des vêtements qui ont nourri des générations entières ! Bien sûr qu’elles vont se reconnaître en lui, comme un modèle de réussite. Comment voulez vous que cet homme ne remplisse pas Bercy plusieurs fois ! Il suffit de voir le clip « Paname » pour voir l’engouement et le visage de son public. Ce visage qu’une certaine France ne veut pas voir et qu’elle n’assume pas.`

Alors oui je n’aime pas les tremblements de « Chehma » (chair) dans ses clips et oui il est taxé de misogynie. C’est vrai quand un noir ou un arabe fait danser une femme dans ses clips c’est misogyne, mais quand on met une femme nue dans une cage doré au sein d’un grand cabaret parisien c’est de l’art. Tout est une question de classe sociale après tout !  L’inclassable qui ne s’excuse pas de vivre sa vie, sans limitation de vitesse. Elie Yaffa vous êtes persuadé que les femmes aiment tout ce qui brille…Vous avez raison, on aime les esprits, les cerveaux et les parcours brillants.

 

Veyron clip réalisé par C.Macari un savant mélange photo de Heat (Michael Mann) et du clip de Drake « Hotline Bling ». 

 

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