[Dialn’air] – Naples Express by Laila Von SeineHeights

dialna - naples

Nouvelle destination pour notre compagnie Dialn’air. Notre envoyée spéciale, Laila  Von SeineHeights, a passé trois jours intenses à Naples, pour vous raconter à quel point cette ville est formidable. C’est parti !

Arrivée 23h, aéroport Capodichino. Eduardo, mon hôte m’attend dans sa Fiat bleue. Il est un peu surpris. Quand je lui ai loué son appartement, il ne s’attendait sûrement pas à voir arriver une femme en turban. Mon italien basique qui date du lycée permet de le décrisper un peu. Ça fait toujours plaisir quand un touriste essaye de parler la langue locale. Je monte dans sa voiture, je découvre les joies de la conduite napolitaine. Une alarme sonne. Je regarde Eduardo pour voir si ce bruit le dérange. Mais non. Tout est normal. La radio passe de la musique italienne. Il discute de tout et de rien, si bien que ce bruit de fond disparaît à mesure que je me mets à l’aise. L’alarme de non-port de la ceinture du conducteur se fond dans l’ambiance musicale.

Il y a beaucoup d’embouteillages, même à cette heure tardive. On a donc le temps de discuter avec Eduardo. Et forcément il me parle d’Islam, de terrorisme, de Daesh. Aucune agressivité de sa part, juste de la curiosité et sûrement une volonté de cerner le personnage. La conversation continue en anglais. Forcément mon champ lexical du terrorisme est limitée en Italien. Il me dit qu’ici il n’y a pas beaucoup de musulmans donc forcément pas d’attentats. Je souris et je lui parle donc de la mafia. Cherche-moi, tu me trouveras. Oui c’est facile, mais je rentre dans son jeu. La conversation est plutôt joviale. On échange, on ne se convainc de rien. Et puis il me propose d’aller manger une pizza ! Face à cette proposition, j’oublie tout.

 

Une pizza margherita à emporter, à 4€. Imbattable !
Je remonte dans la Fiat. Double alarme, musique italienne, et odeur de basilic. Eduardo me fait une petite visite nocturne en voiture des environs. Il me donne les clés de l’appartement. Napoli Eccomi Qui !!!!

Pour découvrir une ville il faut s’y perdre 

J’ai choisi de loger sur les collines du Vomero. C’est un quartier résidentiel dans les hauteurs de Naples. Tout est en VO autour de moi. Le matin je vois les travailleurs partir au boulot. Les petits vieux font leur promenades. Les jeunes vont à l’école. C’est ce que j’aime quand je pars en vacances. Être avec les locaux.

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Castel Sant’Elmo
© Wikimedia

Je me lance sans réellement savoir où je vais. Je sais que je suis en haut et que je dois arriver dans le centre en bas. Ça me suffit pour découvrir la ville. Je découvre la magnifique vue juste derrière mon appartement depuis ce quartier du Vomero. Au dessus, le château Sant’Elmo surplombe la ville. Je regarde plus bas et je vois des touristes en sueur remontant les fameux escaliers de la Pedamentina. Forcément je me demande pourquoi ils n’ont pas pris le funiculaire qui se trouve juste derrière moi. Les escaliers, vaut mieux les descendre que les monter. Je me lance à mon tour dans cette descente pittoresque.

Les petites maisons le long de ses escaliers sont paisibles. Pas un bruit. J’ai envie de frapper à une porte en mode « J’irai dormir chez vous ». Et je continue ma descente. Sur un mur je vois écrit “Vous auriez pu mettre un ascenseur!” Je vous avais dit, les escaliers vaut mieux les descendre.

 

Si vous venez à Naples c’est un passage à ne pas manquer, mais ne vous embêtez pas à tout remonter à pied. Prenez le funiculaire jusqu’à la station Morghen, admirez la vue, et redescendez tranquillement jusqu’au quartier espagnol.

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Quartieri Spagnoli
© Wikimedia

Ce fameux Quartier Spagnoli, que l’on conseille d’éviter dans plusieurs guides. Oui, peut être la nuit, à 2h du matin, comme dans n’importe quel autre endroit. Mais en journée, c’est le cœur de la ville. Toutes les images de Naples que j’avais en tête se retrouvent ici. Le linge qui pend aux fenêtres. Le bruit des vendeurs, le jour de marché. Les enfants qui jouent au foot dans les ruelles. Je suis bien contente d’y être passée! Les portraits de Maradona, Jésus, et Sofia Loren sont accrochés sur des stands où l’on vent les fameux sfogliatelle. En pleine dégustation, le vendeur me demande d’où je viens. “Paris ». Il me regarde longuement et me répond « Paris Saint Germain !!! ». Forcément, le foot encore et toujours.

J’arrive à Toledo, la rue commerçante, et je vais voir la fameuse station de métro du même nom, complètement féerique, réalisée par l’architecte catalan Oscar Tusquets Blanca. Le reste de la journée, je découvre le centre historique classé au patrimoine de l’Unesco. Je flâne. Ce qui me surprenait au début me paraît normal maintenant. Les statues de la Vierge à chaque coin de rue, les posters de Jésus un peu partout, les autels aux disparus, encastrés dans les murs, les odeurs de lessive, celles du pain fraîchement sorti du four, les graffiti anti Mafia. Ici, c’est Napoli!
Je me noie dans le café. 10 ans en arrière, c’est à Rome que je suis devenue une coffee addict. Le jour où j’ai goûté du vrai café! Ici on boit un café à la sauvette en une minute. On commande, on nous sert au bar, on le boit cul sec, et on repart. What Else ?

Mes pieds brûlent de cette longue journée de marche. Je vais jusqu’au front de mer dans le quartier de Chaia où je finis ma première journée napolitaine avec un bon plat de poissons.

« Il faudrait déloger une grande partie des Napolitains pour découvrir le passé enfoui de la ville »

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couvent de Santa Chiara
© Wikimedia

Dans chaque ville, il y a des classiques à visiter. Ici c’est le musée archéologique qui renferme une des plus grandes collection greco romaine du monde. Mais je ne suis pas d’humeur pour un musée. Je cherche des visites plus insolites. Je décide donc de caser deux visites pour aujourd’hui : le magnifique couvent de Santa Chiara sur la célèbre « rue qui fend Naples », Spaccanapoli, et les souterrains de Naples. Le premier pour la beauté de son cloître et le deuxième pour découvrir le côté caché de Naples.
Pour moi, ce sont deux visites à faire ABSOLUMENT !!!

On apprend que ces souterrains renfermaient les anciennes citernes de la ville et qu’ils ont servi de refuge pendant la seconde guerre mondiale. La visite est menée par une guide francophone, ce qui est plutôt pratique vu toutes les infos sur ces souterrains. Elle commence tranquillement pour continuer complètement dans le noir avec pour seul lumière une bougie a la main. Claustrophobe s’abstenir ! Elle se termine dans la cave d’un appartement avoisinant sur les vestiges d’un amphithéâtre.

Je vous passe mes dégustations de pizza qui seront donc notifié par un émoji pour plus de rapidité .

« Dernier bus pour POMPÉÏ ! »

La raison première de mon voyage à Naples était surtout de voir Pompéi et de grimper jusqu’au cratère du Vésuve. Il faut bien être organisée pour tout faire sans perdre de temps. Il y a différents moyen de se rendre à Pompéi. Mais si vous ne louez pas de voiture ou de scooter, le meilleur moyen reste le train, vraiment pas cher.
Pour cela il faut se rendre à la gare principale – Napoli Centrale station Garibaldi. Tout y est très bien indiqué. Suivez le panneau Circumvesuviana c’est un train de banlieue qui vous mènera directement à Pompéi. Achetez l’aller et le retour au guichet directement. Ça ne vous coûtera pas plus de 6€. Et comptez environ 40 minutes pour y arriver. Donc un conseil, trouvez une place assise ! Arrivés à la station Pompéi Scavi, vous arriverez juste devant tous les points d’informations et de vente (ne vous inquiétez pas, vous ne raterez pas la station, le train se vide littéralement de tous ses touristes, pour continuer vers la magnifique côté Almafitaine). La seule chose qui peut vous intéresser ce sont les billets coupe file qui valent vraiment le coup car la queue à l’entrée est interminable et vous gagnerez énormément de temps (2€ supplémentaires sur le prix du billet normal) ! Vous pouvez aussi l’acheter en ligne, mais il y avait également la queue devant le guichet des billets en ligne donc au final vous ferez aussi la queue, autant l’acheter sur place !

J’ai choisis de visiter Pompéi en premier puis le Vésuve. C’est la meilleure chose à faire.

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Pompéi
© Pixnio.com

Sachez que le site est vraiment grand à visiter. J’ai du y rester 3 bonnes heures avec une pause déjeuner. J’aurai pu continuer à flâner dans ces ruines mais le dernier bus pour le Vésuve était sur le point de partir (vers 15h30).

Le ticket est à 3.50€ que vous achetez dans le bus ! Ne l’achetez pas ailleurs et inutile de payer plus cher pour avoir une navette privée. Le bus vous emmènera jusqu’à 1000m d’altitude où l’ascension continuera à pied. Vous n’avez pas besoin de guide ou de payer un surplus. Seule la montée jusqu’au cratère est payante : 10€. Vous trouverez le point de vente sur place.

Le Vésuve

En arrivant sur ce parking à 1000m d’altitude, j’avais déjà 3 jours de marche dans les pattes. Et 10 ans d’absence sportive dans le corps. Mais venir à Naples, puis à Pompéi, sans grimper jusqu’au cratère c’était vraiment impossible.

Avant même de commencer l’ascension on est bluffé par cette vue. L’air a une odeur de souffre. Je vois des marcheurs d’un certain âge redescendre du cratère. Je me dis que ça doit être facile. Si eux l’ont fait je le ferai les doigts dans le nez !!!!

La montée se fait sur piste. La végétation est de plus en plus rare. Autour de moi des personnes endimanchées. Des touristes en tong. D’autres sur-équipées avec bâton de marche. Je me pose des questions entre les tong, les hauts talons et les chaussures de randonnées. Je commence la montée. Au bout de quelques minutes, je me rends compte que ce n’est pas si facile que ça. La difficulté est dans l’ascension non-stop. Il n’y a pas de moment de plat pour reposer ses mollets. Plus je monte, plus je vois des personnes qui s’arrêtent pour reprendre leur souffle. Il fait de plus en plus sombre et froid. On se fond dans les nuages et au loin la baie de Naples nous offre un panorama magnifique.

Je ne pourrai pas vous dire la distance exacte. Ce que je peux vous dire c’est que ce n’est vraiment pas facile pour quelqu’un qui prends l’ascenseur même pour un étage.

Enfin arrivée au cratère visible sur un demi cercle pas si grand que ça, mais impressionnant quand on pense à toute son histoire. Pouvoir être là des siècles après son éruption c’est juste dingue! On est tellement content d’y être arrivée qu’on en oublie le mal de jambes !

Dialna - Naples
Vue du Vésuve
© Wikimédia

Petites photos. Le temps d’apprécier la vue. Et je dois me précipiter pour chopper le dernier bus qui me ramènera à Pompéi pour reprendre mon train ! La descente fut très rapide en quelques minutes seulement. En descendant je me dis que j’ai peut-être surévalué la difficulté…

Le dernier bus est à 17h40. Si vous le ratez il y a tout de même des taxis sur place. Mais je vous conseille de ne pas le rater.

Petite anecdote sans importance mais qui m’a fait sourire. A l’aller j’avais un parapluie avec moi que j’avais acheté la veille à un vendeur à la sauvette, que j’ai négocié sous la pluie pendant plusieurs minutes. Vous savez ces long parapluie qui serve de bâton de marche également. Je l’avais pris avec moi en cas de pluie. En descendant du bus, je réalise que je l’y ai oublié. Pendant l’ascension il m’aurait bien servi. En reprenant le bus, je retrouve le parapluie qui n’avait pas bougé ! Personne ne l’avait pris ! Il repose aujourd’hui dans le coffre de ma C3. Je n’ai ramené aucun souvenir de ce voyage mais à chaque fois que je le vois, je repense au Vésuve.

Retour à Naples dans la soirée. Dernier repas et Arriverderci Naples!

Laila Von SeineHeights

3 Replies to “[Dialn’air] – Naples Express by Laila Von SeineHeights”

  1. Super récit ! Ça donne vraiment envie d’y aller maintenant, alors que j’y ai jamais spécialement pensé. Grazie ragazza !

    1. Tu viendras nous raconter alors 😉 thanks !

  2. […] Qu’est ce qu’on aime ces vieilles ballades italiennes !  Rien de mieux que ce genre de son dans les oreilles pour découvrir la belle ville de Naples après cette visite guidée de Laïla Von SeineHeights. […]

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