[Cinéma] Le Caire Confidentiel

Aller voir un bon polar Égyptien, ça vous dit ? Ça tombe bien,  « Le Caire Confidentiel » de Tarik Saleh,  est en salles en France, depuis  le 05 Juillet 2017 (titre original : The Nile Hilton Incident).

Le Caire, janvier 2011. Nous sommes quelques jours avant le début de la révolution égyptienne, la tension dans les quartiers populaires est palpable, mais les policiers du commissariat de la place Tahrir ne s’en rendent pas compte, trop occupés à percevoir leurs pots de vin. Une nuit, une jeune chanteuse à la mode est retrouvée morte dans une chambre d’un hôtel prestigieux de la ville. L’inspecteur Noureddine est chargé de l’enquête. Des personnes proches de la famille Moubarak semblent impliquées et le procureur finit bien entendu, par conclure rapidement à un suicide. Noureddine insiste pourtant dans son enquête, et cherche le seul témoin, Salwa, réfugiée somalienne et femme de ménage dans cet hôtel. Meurtre, prostitution, corruption, politique, femmes fatales, tous les ingrédients d’un bon polar sont là, et la recette est succulente.

Le réalisateur suédois d’origine Égyptienne s’est inspiré d’un fait divers similaire, qui s’est produit à Dubaï il y a une dizaine d’années. Le coupable était un proche de Moubarak et a été condamné. C’est plus sa condamnation que le meurtre lui-même qui a fait parler de cette affaire à l’époque. Tarek Saleh a tout simplement transposé cette affaire dans l’Égypte post-révolution, au tout début des manifestations de la place Tahrir. Cela lui permet de réaliser un portrait social, culturel et politique d’une ville au bord de l’explosion, en maintenant la pression tout au long du film. On assiste également à l’évolution de l’inspecteur Noureddine, simple flic comme un autre, qui prend son pot de vin des commerçants locaux, comme n’importe quel autre agent de police, en somme, qui devient le héros d’une enquête qui le dépasse, entre amour et désabusement. On ne peut s’empêcher de penser aux figures de détectives/policiers des films noirs, comme Philippe Marlowe. Toujours une cigarette en bouche, Farès Farès est une des révélations de ce film. Son physique buriné, sa présence imposante en fait un des atouts. Le titre en Français est d’ailleurs un hommage au film « L.A. Confidential », vous l’aurez compris.
L’autre héros de ce film, c’est la corruption, qui s’est immiscée dans tous les aspects de la société Cairoite, causant des ravages et forcément des abus à tous les niveaux, surtout chez les forces de l’ordre, la police mais aussi les services de renseignements. Bien entendu, la population qui en souffre le plus reste les femmes, qu’elles soient chanteuses, call girls, ou réfugiées. Elles sont les premières victimes, celles dont on ne se soucie pas plus que ça.

Il est à noter que le film devait initialement être tourné au Caire, pour plus de réalisme. Néanmoins, trois jours avant le tournage, l’équipe du film doit changer de location et se retrouve à Casablanca, au Maroc. Tarek Saleh réussit cependant à nous envoyer au Caire pendant son polar. Le film a gagné le Grand Prix de la World Competition, au dernier festival de Sundance, et devrait sortir cet été aux Etats-Unis. On lui souhaite une très belle carrière internationale. En attendant, n’hésitez pas à aller le voir, vous n’allez pas être déçu.e.s !

 

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