[Portrait] Aadil Abedi, l’or de la calligraphie

Dialna - Aadil Abedo

Aadil Abedi est un artiste et un designer renommé mondial, né il y a 35 ans à Londres. Sur son compte Instagram, ses oeuvres calligraphiques nous incitent à découvrir les textes soufis comme ceux de Rumi, et ses photos avec son amie, la pétillante Radhi Devlukia nous font toujours sourire.

Aadil Abedi fait briller à coup de pinceau doré la calligraphie arabe, le soufisme, la poésie et l’histoire religieuse, de par le monde. Cet ancien étudiant en finances est devenu aujourd’hui un artiste de la calligraphie à plein temps.

Son humilité et son humour sont ses marques de fabrique. Quand il présente son travail c’est toujours avec beaucoup d’élégance, nous faisant rentrer instantanément dans son monde, comme avec un ami. Il a exposé dans le monde entier. Son travail a également été présenté dans des séries américaines, des couvertures de magazine, dans le salon de célébrités comme Shakira ou son ami Riz Ahmed ! Quand il salue ces interlocuteurs sur zoom, c’est toujours avec un humble « Salam Aleykoum ».

Dialna - Aadil Abedi
© Aadil Abedi

Le parcours d’Aadil Abedi a été tout, sauf ordinaire. Après avoir obtenu un diplôme en finances, il a compris que le monde des chiffres et de la stabilité n’était pas fait pour lui. Benjamin d’une fratrie de trois enfants, il subit la pression de son père pour poursuivre des études prestigieuses, comme ses frères. L’un d’entre eux est d’ailleurs médecin. Il se lance donc dans la finance, dans le but devenir expert-comptable. Adil a donc passé trois ans à l’étudier à Londres et fini par trouver un emploi de bureau en 2008. Mais il se fait licencier de son poste au bout de quelques mois. « Oui, j’ai été licencié, surtout parce que je détestais vraiment ce travail », avait-il déclaré au Khaleej Times, en 2017.

Une lettre qui ouvre un chapitre

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Aadil Abedi (DR)

Il prend donc l’initiative de se rendre à New York. Aadil rêve de devenir acteur et le jeune homme obtient une place dans l’une des écoles de cinéma les plus prestigieuses du monde, la Lee Strasberg School. Grâce à cet apprentissage, il commence à décrocher des rôles, notamment le rôle principal dans un film indépendant de Bollywood Mer Haule Dost, projeté dans plusieurs festivals de cinéma. Par la suite, il tente sa chance à Mumbai pour une grande carrière d’acteur, mais la vie sur place n’est pas si simple pour lui. La vie d’acteur débutant est plutôt précaire. Entre les difficultés à trouver un logement, l’adaptation à un confort relatif, Aadil prend les choses avec sagesse. Cette expérience est une véritable leçon de vie pour le jeune homme. « C’était incroyable. Je dois reconnaître l’ingéniosité des Indiens. Le chaos engendre l’innovation, car si quelque chose allait mal, ils devaient trouver une solution rapidement », avait-il déclaré plus tard. Les auditions, l’attente, les déplacements à 5 heures du matin et la compétition féroce entre comédiens pousse Aadil à prendre une décision. Il ne se sent plus à sa place dans cette vie et se rend vite compte que l’industrie du cinéma ne correspond pas à ses valeurs.

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Aadil Abedi accroche la sourate Fatiha

Aadil rentre alors au Royaume-Uni. Ne sachant que faire de sa vie, comme beaucoup de jeunes gens de son âge, il se pose de nombreuses questions. Il commence à gribouiller l’alphabet arabe et réalise alors la beauté de la première lettre, Alif الألف (A), entre rigidité et courbes. Il a alors une révélation et veut devenir peintre. Il ne se considère d’ailleurs pas comme un calligraphe, mais comme un artiste peintre. Cette nouvelle passion va lui permettre de se réaliser pleinement. « L’art est devenu mon sauveur », dit-il. « C’était une énorme bénédiction de Dieu ».

Cet homme fin et raffiné observe ce monde moderne d’un oeil précis. Il perçoit comment la simple vue d’une lettre arabe provoque la nervosité de certains. Aadil se met à peindre des sourates entières du Coran ainsi que des poèmes perses dans son studio. Toujours fasciné par les formes des lettres, il peint des heures et des heures afin de maîtriser ses mouvements. En pratiquant la calligraphie, il explore l’amour de soi et la beauté de toute une culture ancestrale.

« Il y a tellement de bonnes choses dans cette tradition, et elle peut être universelle, elle devrait être universelle ».

Aadil Abedi utilise des versets du Coran qui exaltent des qualités telles que la miséricorde, le souvenir et la compassion. Des valeurs qu’il hérite de ces ancêtres venus d’Iran et d’Inde. Cet homme vit au carrefour des cultures, des temps et des civilisations. « Mon arrière-grand-père était iranien, nous avons donc des racines perses dans ma famille. Ma mère est originaire de Karachi et mon père est indien. J’essaie donc de m’inspirer des deux côtés », a-t-il expliqué au Khaleej Times, en 2017.

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© Aadil Abedi (DR)

La roue tourne

Quelques temps plus tard, un de ses amis l’invite pour ses fiançailles, à Dubaï. Aadil emporte avec lui quelques toiles pour montrer son art. Il a ciblé juste. Son ami tombe tout de suite sous le charme de son travail. Il organise alors un diner/expo pour promouvoir le travail d’Aadil. Une invitée est tellement impressionnée qu’elle lui commande immédiatement 30 toiles pour une exposition dans sa villa. Aadil retourne à Londres et produit alors sans s’arrêter. Sa carrière est lancée et son carnet de commande ne désemplit plus.

Il s’inspire de tout ce qu’il l’entoure pour nourrir ses calligraphies ; des galeries d’art de New York aux saris de sa grand mère, en passant par les brillantes créations de la marque Swarovski. Il trouve ses idées dans tout type de production pour illuminer ses écritures, souvent peintes en lettres d’or. Le bouche à oreille est sa meilleure publicité. En effet il se spécialise dans les toiles sur mesures, ou commandes personnalisées, en fonction de la décoration, des couleurs et humeurs de ses client.es.

 

Il peint surtout sur n’importe quel support que se soit un mur, une toile, une planche de skate, une robe ou un sac Birkin ! Comme Midas, il transforme tout ce qu’il touche en or, par son talent ! Aadil Abedi s’installe alors aux États-Unis. Selon lui, le système artistique y est moins étriqué et élitiste qu’en Europe. Il créé, vend et passe du temps avec ses ami.es.

Une de ses fidèles supportrices est la coach de vie Radhi Devlukia. Quand ils se retrouvent ensemble c’est pour nous faire rire et diffuser une incroyable énergie de joie de vivre. À eux deux ils redéfinissent l’amitié homme/femme comme on aimerait le voir plus souvent.

Merci Aadil Abedi d’avoir porté cet art sur les papiers glacés des magazines, merci de valoriser une culture millénaire, merci d’apporter de l’élégance dans ce monde de brut, merci pour la créativité, les sourires et le droit de rêver !

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