[Cinéma] Inde, les femmes prennent le dessus

Déesses Indiennes en colère (Pan Nalin)

affiche

 

Une photographe Indienne invite ses amies proches qu’elle n’a pas vues depuis longtemps dans sa maison familiale, à Goa et leur annonce son mariage imminent. Les souvenirs remontent à la surface ainsi que les rêves et les désillusions de chacune. Frieda la photographe future mariée, Laxmi, son aide ménagère dans la maison, Joanna, sa cousine à moitié britannique, qui veut faire carrière à Bollywood, Madhurita, la chanteuse torturée, Suranjana, la femme d’affaires ferme, Pamela la femme au foyer qui parait comblée, et Nargess l’activiste socialiste vont vivre quelques jours uniquement entre femmes et prendront des décisions qui changeront le cours de leurs vies à tout jamais.

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Le sexe fort

 

Mariages arrangés, homosexualité féminine, viols, violence envers les femmes, sexisme ordinaire, tous ces thèmes sont abordés avec subtilité et force dans le film de Pan Nalin. La beauté de cette oeuvre (mention très spéciale à la qualité de la photographie et la musique, hypnotique), la justesse des actrices contrastent avec l’horreur de ces violences que l’on se prend en plein ventre. La douleur est viscérale, la réaction est épidermique. La sororité est au coeur de cette oeuvre, comme le seul salut pour les femmes. Compter d’abord sur soi, sur les siennes pour s’affirmer, s’aimer, se défendre.

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Sous des abords d’évolution moderne de la condition de la femme, via le modèle de Suranjana, la femme d’affaires à succès, ou encore de Frieda, la photographe artiste qui s’oppose au « whitewashing » de la femme indienne dans la pub, « Déesses Indiennes en colère » montre tout de même à quel point il est difficile d’être une femme libre de ses choix, personnels, professionnels, vestimentaires quelle que soit la société patriarcale dans laquelle elle vit. En Inde, peut-être un peu plus qu’ailleurs, le viol comme vengeance d’un pseudo honneur bafoué est encore très courant, et la réaction de la police est plutôt de l’ordre du reproche, de l’accusation que du soutien envers la victime.

En plus d’être un film fortement politisée (le réalisateur a d’ailleurs subi censures et menaces multiples), « Déesses Indiennes en colère » est aussi et avant tout une oeuvre artistique complète et magnifique.  La réalisation est quasi parfaite, la lumière et l’image sont si bien traitées, qu’elles nous feraient presque oublier que c’est une comédie dramatique avant tout. Et puis il y a la musique, sublime, envoûtante, à l’image du morceau, « Zindaghi », véritable thème du film.

 

Je nous souhaite à toutes d’avoir des soeurs de coeur aussi fortes que ces femmes pour se sortir de toutes les attaques. C’est l’esprit Dialna!

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Déesses Indiennes en colère de Pan Nalin

sorti le 27 Juillet 2016 en France

Nadialna

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